ORDEN OGAN : Seeb l'acharné

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  • Le Mer 26 Juil 2017
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Orden ogan

C'est dans un petit hôtel parisien que j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec SEEB, chanteur, guitariste, compositeur mais également producteur d'ORDEN OGAN.

Matthieu : Peux tu vous présenter, le groupe et toi ?

Seeb : Je suis SEEB, le chanteur guitariste d'ORDEN OGAN. Je suis également producteur. On est catégorisés en tant que groupe de Power Metal, mais je pense que le terme Power Metal c'est une approche un peu moderne de tout ça, avec des riffs lourds, je dirais peut être... Un des groupes de Power Metal les plus lourds qui existent. Très mélodique, avec des refrains entraînants. Quoi d'autre ? (rires)

Matthieu : Donc tu décrirais le groupe en tant que Power Metal, pour quelqu'un qui ne vous as jamais entendus ?

Seeb : Plus lourd que tous les autres groupes de Power Metal je pense, oui.

Matthieu : Votre sixième album...

Seeb : Attends, le sixième ? Tout le monde dit que c'est le sixième, mais pour moi c'est le cinquième ! On a sorti une démo en 2004 qui s'appelle Testimonium A.D., mais on ne le compte pas vraiment comme un album. On part du principe que notre premier album est sorti en 2008. Il y a pas mal de conneries sur Wikipédia, et d'autres sites, mais on compte vraiment que le premier album est sorti en 2008. Ce qu'on a fait avant, et même le nom n'a rien à voir avec ce que le groupe fait maintenant. Même le split de 2004, on a reformé le groupe et on a repris délibérément le nom ORDEN OGAN en 2008, mais désolé je ne voulais pas te perdre dans tes questions ! (rires)

Matthieu : C'est un peu comme une sorte de renaissance pour le groupe ?

Seeb : Ouais, clairement !

Matthieu : Donc Gunmen sort le 7 juillet, comment tu te sens à ce propos ? C'était comment pour le groupe de travailler sur cet album ?

Seeb : Pour nous, les derniers mois ont été très difficiles. Je suis le producteur et je pensais que tout était bien planifié, et ça marchait. A la fin de l'année dernière, j'ai eu l'opportunité de faire le mix du nouvel album de RHAPSODY OF FIRE en plus, et j'étais fan de ce groupe quand j'étais plus jeune, c'est un rêve de faire ça. Ca devait se faire en janvier, et on était déjà en plein milieu du processus d'enregistrement et de mixage. Alors ouais, je l'ai fait, mais on a pris du retard à cause du mixage de RHAPSODY OF FIRE, on devait enregistrer les guitares et autres, etc... On a remis tout ça à plus tard et au moins... Je ne sais pas vraiment, pendant environ six semaines j'ai du bosser pendant dix huit heures par jour ou un truc comme ça. C'était juste dormir - bosser - dormir - bosser, sept jours par semaine pour finir tout ça à temps, parce que tout était programmé et les répétitions planifiées... On s'est vraiment donnés du mal pour finir ça à temps mais ça en valait la peine. Les mecs de RHAPSODY OF FIRE sont content de mon travail, et moi aussi alors tout roule... (rires)

Matthieu : L'artwork de Gunmen est vraiment sombre et angoissant, un peu comme celui de Ravenhead alors que vous jouez une musique plutôt heureuse et joyeuse, est-ce que ce contraste est nécessaire pour toi ?

Seeb : Je ne dirais pas qu'on joue comme tu dis une "musique joyeuse"... Je dirais optimiste peut-être, mais... On est pas FREEDOM CALL ! Je pense qu'une bonne partie du son d'ORDEN OGAN est composé de mélodies mélancoliques en fait, les gens le disent souvent. Les paroles sont plutôt sombres en fait, on ne chante pas sur les épées, les nains et tout ça !

Matthieu : Ouais, laissons les licornes à RAINBOW !

Seeb : (rires) Ouais ! C'est comme ça. On est des mecs cools, et on a des moments funs comme en 2010 sur un ancien album où on a une chanson qui s'appelle We Are Pirates. C'est un peu un hommage à RUNNING WILD et bien sûr ce n'est pas sérieux, mais la plupart de ce que fait le groupe c'est plutôt sombre et mélancolique, tout ça. On met ça dans les paroles, donc pour moi il n'y a pas un si grand contraste avec les paroles. C'est ce que je pense du moins.

Matthieu : Le clip vidéo qui est sorti pour le titre Gunman reste dans cette atmosphère sombre, mais le fait prendre place dans une sorte d'univers tiré du Far West, ce qui est clairement différent de ce qui a été réalisé pour The Things We Believe In ou encore F.E.V.E.R., peux tu nous expliquer ce changement ?

Seeb : Tu trouves que F.E.V.E.R. est joyeux ?

Matthieu : Je trouve que l'atmosphère est joyeuse oui.

Seeb : C'est intéressant de voir comment les gens ressentent notre musique et ce qu'ils en font. Il n'y a rien de faux la dedans. Il n'y a pas de mauvais goûts. Je peux comprendre pour The Things We Believe In, si tu retires les guitares et la batterie, mets une guitare acoustique et tu as un titre très folk, c'est dansant. Mais je ne suis pas d'accord pour F.E.V.E.R. (rires)

Matthieu : Tu peux nous expliquer ce changement ?

Seeb : Tu veux dire, les tonalités plus sombres ?

Matthieu : Oui, plus sombre qu'avant.

Seeb : Comme je l'ai dis avant, je ne pense pas qu'il y ait de changement entre les albums. C'est ce qu'on a à mettre dans les albums. Il y a toujours des tonalités qui sonnent optimistes à mon oreille. Je tiens vraiment à dire optimistes et non heureuses. Je dirais que pour The Things We Believe In qu'on est pas FREEDOM CALL. On s'est dis... Allez, on y va ! Et il y a des tonalités plus sombres sur The Lake par exemple. Aussi sur Ravenhead, le titre éponyme. Il n'y a pas de tonalités joyeuses. On l'aime comme ça, et personnellement il n'y a rien que je déteste plus que les licornes et les dragons ! (rires)

Matthieu : Hey, les dragons ça peut être cool !

Seeb : Ca dépend, dans Game Of Thrones ils peuvent l'être. Mais quand je vois les pochettes des vieux Rhapsody... (rires) Des dragons bleus et rouges ? Ces albums ont une énorme influence sur moi, Mais je pense que les gens se connectent plus à l'univers s'il est plus sérieux. S'il n'est pas... "cheesy"

Matthieu : Donc c'est pour ça que vous avez choisi l'univers du Far West ?

Seeb : En fait, on avait ça en tête depuis un moment, de faire un univers fantasy sombre à l'époque du Far West. Mais la principale raison, c'est que Vampire In Ghost Town et Down Here (Wanted: Dead Or Alive) ont toutes les deux des mélodies qui sonnent un peu western. Ca peut paraître insignifiant, mais dans deux titres on a eu ce sentiment, alors on a intégré cet univers Far West un peu sombre à l'album.

Matthieu : C'est un univers que tu apprécies ?

Seeb : L'univers qu'on a créé, on l'aime ouais.

Matthieu : Quels groupes sont vos principales influences ? Pour toi et pour le groupe entier ?

Seeb : C'est difficile à dire. Par exemple... J'écoutais de la Pop à l'université, et je suis très ouvert à tous les styles de musique. En tant que producteur, je ne peux pas me prononcer... Certains styles sont plus sympa à mixer, mais je n'ai aucun souci quand au fait de mixer un album de Pop. Quand j'étais jeune j'écoutais des trucs comme ça, mais c'était il y a un moment. A la maison, j'écoute plus du Death Metal des années 90. J'adore BOLT THROWER ! Les autres... DIRK par exemple écoute MESHUGGAH, PERIPHERY et des trucs au son moderne comme ça. TOBI est plus Metal Progressif à la DREAM THEATER et autres. On a tout ça en tête, et on le garde à l'esprit en tant que musiciens. Je ne dirais pas nécessairement qu'on a une seule grosse influence. ORDEN OGAN et simplement la façon dont on sonne, c'est comme ça que je veux l'entendre, ma vision du Metal mélodique.

Matthieu : Comment se passe le processus de composition dans ORDEN OGAN ? Qui compose la musique, qui écrit les paroles ? Vous avez un endroit spécialement prévu pour écrire ?

Seeb : Sur To The End qui est sorti en 2012 par exemple, je l'ai fait seul. La plupart des titres de Ravenhead, ça a changé un peu. Pour celui la, c'est très différent, j'ai écris la plupart des chansons avec Dirk, le batteur, qui est assis dehors et qui fait... autre chose (rires). Et aussi avec Tobi, notre guitariste. Ils savent que je suis le mec qui sait comment le groupe doit sonner, c'est pour ça que je suis aussi producteur. Je respecte énormément leur talent en tant que musiciens, ils sont très doués. Mais si il y a un choix à faire, s'il y a une décision à prendre, quand je dis "ça ne fonctionne pas", on ne discute pas. On met l'idée de côté et c'est tout. De l'autre côté, si ils disent "hey, on essaye ça !", on l'essaye, je ne dis pas immédiatement "non, ça ne marche pas". Je suis ouvert au fait de voir comment ça sonne. Si les trois disent "on préfère ça", et que je ne suis pas d'accord, je réétudie la question, mais si ça reste non, ce sera non. Mais je ne suis pas opposé aux conseils (rires).

Matthieu : Est-ce que tu es plus le type de mec à bosser des heures sur quelque chose ou bien celui qui a une idée en plein milieu de la nuit ?

Seeb : Hmm... Les deux (rires) ! Le mois dernier j'étais le mec qui bossait de huit heures du matin à... quatre heures du matin !

Matthieu : Le sommeil c'est pas important !

Seeb : Ca l'était mais je n'avais pas le temps en fait. D'un autre côté, ça arrivait évidemment que je me réveille en plein milieu de la nuit avec une idée en tête, je m'installais à l'ordinateur pour l'enregistrer. Je pense que si tu es réellement musicien, et que tu ne fais pas ça juste pour bosser, tu peux te lever en pleine nuit pour enregistrer, chanter ou autre.

Matthieu : J'ai vu un statut d'HERI, le guitariste de TYR qui disait "Pourquoi l'inspiration arrive en pleine nuit ?"

Seeb : Ces gars sont cools, j'ai fait une tournée avec eux aux Etats-Unis, j'étais guitariste de remplacement pour SUIDAKRA sur la tournée, j'ai de bons souvenirs avec eux.

Matthieu : Quel est ton meilleur souvenir de tournée ?

Seeb : Il y a tellement de souvenirs cools, je ne peux pas affirmer lequel est le meilleur. Je peux te raconter une histoire fun qui nous est arrivée le mois dernier. On était à la croisière du 70 000 Tons Of Metal, et c'était vraiment difficile. Je dois prendre soin de ma voix en tant que chanteur. On avait un concert prévu le dernier jour à... Je ne sais plus, peut-être 15h ou quelque chose comme ça, et on est allés se coucher à 7 heures du matin. C'est vraiment tard pour un chanteur, et je devais me lever à 11h. J'ai parlé avec Tobi, mon guitariste, et je lui ai demandé de faire les interviews à ma place. Il a accepté, il les as faites et il est revenu à midi. J'avais dormi 5 heures. Il m'a dit "Tu sais quoi ? J'ai croisé Dirk !" "T'as croisé Dirk ?" "Ouais, à 11h30 ! Il faisait du speed dating !". J'ai demandé "Mais pourquoi il fait du speed dating si tôt ?" "Je ne pense pas que ce soit tôt pour lui, mais plutôt très tard !" (rires). Il était resté éveillé toute la nuit, on devait monter sur scène dans une heure ou quelque chose comme ça, et j'étais au téléphone : "Dirk, ou es tu ?" Pas de réponse ! Personne ne savait ou il était, on a failli annuler le concert parce qu'on ne peut pas jouer sans lui, mais on est montés sur scène, on a tout mis en place, même la batterie et... une demi heure avant le concert il est arrivé comme si de rien n'était. J'étais vraiment énervé contre lui, mais il n'a pas manqué une note. Pas une seule. Pas une seule erreur, c'était un concert parfait. Je voulais vraiment l'engueuler après le concert, mais je ne pouvais pas, le concert avait été parfait ! Je me suis dis "oh et puis merde !"

Matthieu : Et ton meilleur souvenir avec les fans ?

Seeb : (rires) Je pense que ça va rester privé. C'est une bonne réponse !

Matthieu : Le premier album d'ORDEN OGAN, Testimonium A.D. est sorti en 2004.

Seeb : On le considère plus comme une démo. Ah, c'est pour ça que tu as dis que Gunmen est le sixième !

Matthieu : Exactement ! Tu pensais que le groupe en serait là un jour ? Quel est le changement le plus important que tu aies remarqué entre le premier et le dernier album ?

Seeb : Pff... Je pense que peut être... On pensait en arriver là, même au début. Mais c'était juste... Un rêve de gosse. Ca s'est traduit par beaucoup de travail et beaucoup d'efforts pour ça. Ce que je veux dire, c'est que c'est possible mais tu dois vraiment le vouloir. C'est pas comme un boulot normal, ou tu te lèves le matin en répondant à quelques mails et d'autres trucs dans le genre. En fait, un bon exemple c'est que tous les gens avec qui j'en ai parlé me disent que je suis totalement taré. On a eu le premier jet du clip jeudi dernier. Je me suis dis "Ok..." mais Timo d'AFM Records m'a appelé et m'a dis "Tu peux appeler le producteur du clip et lui demander s'il peut faire mieux que ça ?". J'ai dis "D'accord, je vais le faire." Il a bossé pendant plus de 15 heures samedi et dimanche dessus pour que ça ressemble à ce qu'on a maintenant. C'était un jour où les gens ne travaillent pas, comment tu appelles ça ? Un jour férié, c'était la fête des mères en Allemagne. En fait je devais aller déjeuner avec ma mère et ma copine aussi, et j'aurais dis "Désolé, je ne peux pas bosser, même si c'est pour le Metal". Et le producteur a bossé et il était... cinq minutes avant minuit, un dimanche soir, un jour férié. Mon téléphone a sonné et c'était le mec d'AFM Records, Timo, qui m'a dit "Hé mec ! Tu peux me donner ta date d'anniversaire et celle du batteur pour réserver l'avion ?". "Timo, il est minuit un dimanche soir, tu me parles des vols pour les interviews..." "Ouais mais tu sais, je dois bosser !" Ils sont géniaux, tu sais ?

Matthieu : Tu as remarqué d'importants changements entre la première démo et maintenant ?

Seeb : Depuis la première démo ouais, c'était vraiment une époque différente. Pour l'écriture et des trucs comme ça. Même quand j'écoute les premiers enregistrements maintenant, je veux dire... A l'époque, je voulais vraiment que ça sonne Progressif, on a bossé pas mal de trucs. Je pense qu'on a remarqué qu'un bon son ne contient pas forcément quarante pistes et six minutes. Mais ça va d'en avoir plus ou moins. On peut toujours le faire parce que c'est le ressenti qu'on a sur le titre, le dernier titre de Gunmen sonne Progressif et il dure près de huit minutes ou un truc dans le genre. C'est une composition très Prog. Je pense que c'est l'une des choses les plus importantes. On peut faire des chansons "simples" aussi. Gunmen n'a pas la structure la plus Prog de tous les temps mais bon...

Matthieu : Tu es chanteur, guitariste et compositeur d'ORDEN OGAN, mais aussi le producteur, ce n'est pas trop compliqué de combiner toutes ces casquettes ?

Seeb : Ca me vient naturellement. Ca peut sembler difficile de travailler seul s'il y a beaucoup de choses à faire et pas assez de temps pour le faire. Ca peut être difficile, mais en fait, je n'y pense pas. En fait ce qui est vraiment stressant c'est d'avoir un contrat avec un label qui t'appelle tous les jours et qui veut savoir si tu veux quelque chose, bla bla bla... En fait c'est vraiment naturel pour moi.
(Dirk entre dans la pièce)
Seeb : La réponse est non ! (rires)

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Matthieu : Bon nombre de groupes célèbres, surtout dans le Power et le Heavy Metal, comme HELLOWEEN et SCORPIONS sont allemands. Comment décrirais tu la culture Metal dans ton pays parce que de ce qu'on sait, c'est différent de ce que nous avons en France non ?

Seeb : Question difficile... Je dirais que oui. Parce que, corrige-moi si j'ai faux, mais je ne connais aucun groupe célèbre de Metal mélodique en France. Vraiment populaire.

Matthieu : Vraiment populaire... Peut-être que tu les connais, même s'ils chantent en français, TRUST, pour leur titre Antisocial. GOJIRA aussi.

Seeb : Mais GOJIRA, ce n'est pas vraiment mélodique.

Matthieu : Non c'est vrai. Il n'y a pas de gros groupes français.

Seeb : C'est bien ce que je pensais. Je pense que c'est une différence à propos des fans, on fait d'excellents concerts en France. Ce n'est pas forcément utile de dire que les français sont différents des allemands, à la base. Ca peut paraître stupide mais j'aime tous nos fans, ils sont géniaux.

Matthieu : Il semble que beaucoup de fans de Metal écoutent du Metalcore et des trucs avec de l'électro, mais pas vraiment de Power Metal, tu penses qu'il y a un vrai avenir la dedans ? Ou est ce que ça doit évoluer pour subsister ?

Seeb :  Je pense que tu as cette impression parce que les gens qui écoutent du Metalcore sont principalement jeunes. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas autant de jeunes qui écoutent Sabaton par exemple. Le public est mixte, des moins jeunes et des vieux. J'ai eu l'opportunité de voir notre public aussi, des gens de 15 à 60 ans environ. Je pense que l'avantage d'être dans un groupe de Power c'est que ton public peut... en fait... mourir (rires) Ils deviennent trop vieux pour notre musique tu vois. D'un autre côté, les petits groupes underground ont pas mal de soucis pour jouer à cause des autres groupes, surtout dans le Death Metal. Je pense que c'est intéressant, mais pas vraiment mélodique. Les petits groupes underground, je ne sais vraiment pas comment ils trouvent un chanteur !

Matthieu : C'est aussi le problème avec les batteurs, j'ai essayé de former des groupes mais les batteurs ont toujours 3 ou 4 groupes !

Seeb : Les batteurs ont toujours cinq groupes (rires) Dirk aussi a d'autres groupes !

Matthieu : Si tu pouvais partir en tournée avec trois autres groupes, qui seraient-ils ?

Seeb : Avec un budget illimité ? Je ne sais pas si quelqu'un d'autre dirait quelque chose de similaire mais je dirais METALLICA, IRON MAIDEN... Le troisième est difficile... Je ne sais pas, MEGADETH ?

Matthieu : Tu es plutôt old-school ?

Seeb : Peut-être, mais ça ressemble plus à un choix stratégique. Parce que je pense que tous ces groupes amènent beaucoup de monde, alors s'ils amènent leur public, ils peuvent aussi aimer SABATON par exemple, et ces trois groupes vont amener un nombre incalculable de personnes.

Matthieu : Quel est le premier groupe de Metal que tu aies écouté et vu sur scène ? Quel âge avais tu ?

Seeb : Le premier groupe que j'ai écouté sur cassette... C'était SEPULTURA - Arise, je crois. Ou Death And Glory de RUNNING WILD . Ce sont les deux premiers. Le premier concert que j'ai vu, c'était des groupes locaux, je crois. Le premier gros show que j'ai vu... Ca m'a pris un moment avant d'aller à de plus gros concerts... Ca devait être BLIND GUARDIAN sur la tournée Nightfall, mais je ne suis pas sûr. Ca peut être MEGADETH aussi. Quand est-ces qu'ils ont sorti Nightfall ? Je crois que c'est en 1996, donc j'avais 15 ans. (EDIT : c'était en 1998)

Matthieu : Pourquoi as-tu choisi de jouer du Metal en tant que professionnel ?

Seeb : Je ne pense pas l'avoir choisi, c'est plutôt le Metal qui m'a choisi (rires) ! C'est plus quelque chose comme ça. Je ne sais pas vraiment, on a commencé à faire de la musique. Depuis le début, c'est ce que je voulais faire, c'est ce que j'apprécie le plus. Ca peut sembler idiot, mais c'est comme ça. C'est ce qui dans ma vie vaut la peine de travailler selon moi. Une histoire intéressante, c'est qu'il y a un gars près de là où je vis, qui avait une salle d'environ qui pouvait contenir environ 800 personnes ou quelque chose dans le genre. Ce n'est pas très connu à l'échelle internationale, seulement à l'échelle nationale. On doit être... 200 à vivre dans les environs, c'est une toute petite ville. Lors de nos premiers concerts, au tout début, il m'a dit "Tu peux oublier ça, il n'y a pas d'argent à faire dans la musique. Quand j'étais jeune c'était bon, mais maintenant tu peux oublier ça." J'ai dis "Tu sais quoi ? Va te faire foutre ! Je pense que c'est possible." C'est intéressant de voir ce qui s'est passé lors de tes premières expériences de vie, et ce qui se passe maintenant. Réfléchir à des choses comme ça est plutôt pertinent dans ma vie actuelle, mais j'y pense toujours même en étant arrivé là, à faire des interviews à Paris avec mon groupe.

Matthieu : Peut-être que tu devrais l'appeler pour lui dire qu'il avait tort ?

Seeb : Non, ce qui est plutôt fun, c'est que c'est un mec gentil. Je ne sais même pas si il se souviendrait de ce qu'il m'a dis. Je suis un peu fier quand même. Avoir débuté en tant que petit garçon, et être ce que je suis maintenant.

Matthieu : Tu nous conseillerais quelques groupes, ton dernier coup de coeur musical par exemple ?

Seeb : Hmm... Il y a pas mal de choses que j'aime écouter en ce moment. J'aime beaucoup le dernier GHOST. Il semble que tout le monde aime ce groupe, ils sont partout. J'aime beaucoup le dernier TESTAMENTet le dernier GOJIRA aussi. Même si beaucoup de monde ne l'aime pas.

Matthieu : Parce qu'ils n'ont plus le même son qu'il y a cinq ans par exemple.

Seeb : Ca m'a pris un moment avant de l'apprécier, et j'ai aussi écouté leurs anciens albums mais j'aime toujours le dernier. Je ne sais pas trop, c'est peut-être pas si Prog que ça. Je sais pas, j'aime bien. Si je devais choisir, je prendrais à coup sûr, comment il s'appelle, Magma ? Magma ouais.

Matthieu : On peut espérer une tournée européenne pour cet album ?

Seeb : Ouais, en Octobre, avec en invités spéciaux, RHAPSODY OF FIRE.

Matthieu : Bordel ! Où est-ce qu'on signe pour faire la tournée avec vous ? Ca a l'air génial !

Seeb : (rires) Je pense que l'équipe est déjà complète, désolé !

Matthieu : Est-ce qu'il y a des concerts de prévus en France ?

Seeb : Bien sûr ! Comment ça se dit, Le Petit Bain ? Sur un bateau.

Matthieu : C'est une super scène oui, sur un bateau. C'est un super endroit, peut être un peu chaud, mais ça reste génial.

Seeb : La dernière personne qui m'a interviewé m'a dit "Oh c'est trop petit pour vous les gars !", il peut contenir 500 personnes ? Je pense que c'est bon pour nous.

Matthieu : Le dernier groupe que j'ai vu au Petit Bain c'était BATTLE BEAST, et c'était complet. Je pense que vous pouvez aussi jouer à guichet fermé !

Seeb : Je pense aussi !

Matthieu : Je te laisse les derniers mots.

Seeb : Je ne sais pas si on te l'a dit avant, mais je continue de me répéter. Je voudrais vraiment le dire, je ne sais pas si les fans sont vraiment conscients de l'importance qu'ils ont. Quand ils viennent à nos concerts, qu'ils achètent du merch ou un CD au lieu de le télécharger, on passe des moments géniaux sur scène et avec eux. La seule chose que je répèterais toujours c'est merci beaucoup. Je continue de le dire parce que je veux que les fans sachent qu'ils sont importants pour nous. Je ne sais pas si les gens le savent. Beaucoup de gens pensent que ce n'est pas important pour nous, mais quand ils achètent des trucs ils nous aident. Alors merci.

 

Interview réalisée par Matthieu, d'ACTA INFERNALIS.

Orden Ogan

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