Interview avec BULLRUN au Hard Rock Café

Photos 1Toute fin septembre, nous nous sommes rendus au Hard Rock Café pour interviewer un jeune groupe de heavy metal français, BULLRUN. Le chanteur Rémy et le guitariste Gaël ont répondu à nos questions et nous ont fait découvrir l’univers du groupe, à l'occasion de la sortie du dernier EP, Dark Amber.

Morrigan-wth : Pour commencer, vous pouvez me parler de la formation du groupe ?

Rémy : Ca s’est passé en 2011. En fait, Mark et moi, on est issus d’une autre formation. On voulait faire quelque chose de plus rock ’n’ roll, de plus simple, et il nous fallait un guitariste. Et comme on se connaissait tous à peu près, on est nés dans la même ville, on a fait les mêmes années au même lycée…

Gaël : Le premier péquenot qui est tombé c’était moi.

Rémy : Exactement, en même temps il n’y avait pas beaucoup de choix. C’était parfait.

Morrigan-wth : Vous étiez dans quel genre de formation avant ?

Rémy : C’était du thrash, très, très metal, beaucoup trop rapide.

Gaël : Style EXODUS, TANKARD, tous ces styles un peu…

Morrigan-wth : Donc ce n’est pas ce qui vous tente le plus ?

Rémy : C’est pas ce qui nous branchait le plus avec Mark.

Morrigan-wth : Et BULLRUN, le nom du groupe, comment vous l’avez trouvé ?

Rémy : Je suis un grand fan de la guerre de Sécession, et Bull Run est la première bataille de la guerre de Sécession. Donc on a gardé ça. On voulait quelque chose de court.

Gaël : Puis en même temps ça reflète un petit peu les origines de notre musique. La guerre de Sécession, les Etats-Unis, le heavy metal c’est quand même une musique qui est très, très américaine, voire anglo-saxonne, il fallait un nom qui rappelle un petit peu tout ça, et on s’est dit que ce serait une bonne idée. De mélanger le côté culturel, tout ça, et aussi le courant musical.

Morrigan-wth : Justement, on trouve dans votre musique des sonorités qui rappellent les groupes de metal des années 80, IRON MAIDEN, etc. Quelles sont vos influences ?

Rémy : Moi c’est beaucoup de METALLICA, beaucoup de MOTÖRHEAD, ça se ressent beaucoup dans nos compos, on ne s’en cache pas.

Gaël : Pour le coup pour être assez homogène pour moi c’est la même chose, METALLICA, MOTÖRHEAD, etc, après forcément vu que je suis guitariste je me suis un petit peu orienté vers tout ce qui est blues rock, à la Gary Moore, je suis un gros fan de MAIDEN, un gros fan de Rory Gallagher, puis à côté de ça je peux aussi écouter du black metal... bon, ça, c’est difficile d’apporter ce genre de notions dans le groupe. Mais ouais, ce sont des influences qui sont très années 80 justement, JUDAS PRIEST, SAXON, etc. Tous ces groupes qui nous ont fait aimer la musique quand on était jeunes.

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Morrigan-wth : Comment vous en êtes venus à écouter du metal à la base ?

Gaël : Moi c’est tout bêtement quand j’étais au collège, à l’époque il n’y avait pas internet, donc t’avais MTV, toutes ces conneries, qui te passaient des trucs... des fois y avait des trucs qui étaient pas trop mal à l’époque, MARILYN MANSON, etc, c’est comme ça que j’ai découvert, que j’ai apprécié. Et quand mon père m’a fait écouter Paranoid de BLACK SABBATH, et surtout qu’il m’a foutu Master of Puppets entre les mains, là j’ai voulu commencer à faire de la musique.

Rémy : Moi il n’y avait pas de musicien dans la famille mais on écoutait beaucoup de musique, donc j’ai grandi avec les ROLLING STONES

Gaël : T’avais du bol !

Rémy : Oui, merci ! Il y avait des vieux vinyles que je me suis mis à écouter assez tôt donc du coup il n’ya pas vraiment eu d’avant après, ça s’est fait petit à petit.

Morrigan-wth : Et si vous deviez citer un album en particulier qui vous a influencé ?

Gaël : Master of Puppets.

Rémy : Le live S&M de METALLICA.

Gaël : Pour une fois on est d’accord !

Morrigan-wth : Et donc au niveau de votre dernier EP, Dark Amber, est-ce que vous pouvez me parler de l’enregistrement ? Comment ça s’est passé, avec qui vous avez travaillé ?

Gaël : On a rencontré Symheris, un ex T.A.N.K et Jelly, qui est l’actuel batteur d’ADAGIO. On les a rencontrés au détour d’une conversation, via des amis d’amis d’amis, on a décidé de prendre contact, ils se sont pris d’affection pour notre style musical, il changeait totalement de ce qu’eux avaient l’habitude d’entendre et de faire, et de là on commencé les enregistrements, en sélectionnant 6 titres sur 14 au départ. Ca a été assez éprouvant, dans le sens où ils sont assez perfectionnistes, ils nous ont donné beaucoup de pistes à suivre, on était presque coachés j’ai envie de dire, mais d’une très bonne façon. Ce sont des grosses journées, c’est très éprouvant mais du coup ça nous a énormément apporté.

Rémy : Pas grand-chose à rajouter, justement, ils nous ont permis d’avoir un œil objectif sur notre musique.

Gaël : C’est ça, de prendre du recul.

Rémy : Et ils n’ont pas hésité à nous dire, « ça c’est bien », « ça, ce serait mieux », « ça, ça va être à virer.. ».

Gaël : Parce qu’avec le temps, en plus d’être des collaborateurs, ce sont devenus des amis qu’on voit assez régulièrement et qui n’hésitent pas à nous faire partager leurs expériences, beaucoup plus riches que les nôtres à ce jour, ils ont un passé nettement plus enrichi, et du coup travailler avec ces gars là c’est peut-être la meilleure chose qui nous soit arrivée depuis le début de l’histoire du groupe.

Rémy : Clairement.

Morrigan-wth : Vous avez vraiment la sensation qu’on vous a laissé une liberté artistique ?

Gaël : Oui complètement, ils ont une très, très grande ouverture d’esprit et du coup ils savent très bien ce qu’on veut faire. C’est-à-dire qu’eux ils sont dans des styles plus extrêmes et très techniques, mais ils adorent écouter la musique qu’on fait aussi, ils en jouent beaucoup. Ils savaient très bien ce qu’on voulait et ils nous montraient justement les ficelles à détenir pour que ça sonne comme on voulait que ça sonne. Limite, au début ils savaient mieux que nous comment devait sonner notre son. Et c’était assez éprouvant au début de le comprendre mais on s’est vite rendus compte que ces gars-là avaient raison. Donc ça a été extrêmement agréable de bosser avec eux.


Morrigan-wth : Pour l’écriture des morceaux, vous participez tous ?

Gaël : Oh nan on laisse Rémy se démerder…

Rémy : L’écriture de la musique c’est surtout Gaël et moi, on fait ça en-dehors des heures de répétition où là avec Mark, on va tout mettre ensemble, c’est lui qui va habiller le morceau avec la batterie.

Gaël : En général on arrive avec des morceaux qui sont plus ou moins terminés avec des structures assez fixes, mais comme il faut justement apporter du soutien à tout le monde, on essaye de faire en sorte que tout le monde puisse y apporter sa propre patte. Aucun morceau qu’on amène, Rémy et moi, ne reste en l’état, il y a toujours quelque chose qui est amené, justement via les différentes influences qu’on a. Moi j’adore IRON MAIDEN par exemple, j’adore placer des ponts interminables, des mélodies qui vont dans tous les sens, pas forcément très compliquées mais des trucs qui viennent enrichir un côté épique. Des fois c’est validé, des fois je me prends une grosse tarte dans la gueule, mais de manière générale les morceaux sont vraiment écris définitivement une fois qu’on les joue en répét’, il n’y a aucun morceau définitif qui arrive avant qu’on ne le joue. Tout est validé seulement une fois que c’est joué.

Morrigan-wth : Au niveau de la pochette de l’EP, est-ce que vous pouvez me dire qui l’a réalisée, si c’est vous qui aviez demandé un design particulier... ?

Rémy : Alors, c’est un mec qui s’appelle SLO SOMBRéBIZARRE qui nous a fait la pochette à la base. On savait qu’on voulait quelque chose de dessiné, on ne voulait pas quelque chose fait uniquement à l’ordinateur, et à force de chercher sur internet on est vite tombés sur lui. Il a d’abord fait notre logo, on a tout de suite aimé, et il a fait la pochette derrière, dans la foulée. On ne lui a pas donné beaucoup d’indications, il a juste écouté notre musique et on lui a donné carte blanche sur le style.

Gaël : Il a su tout de suite ce qu’on voulait. On lui a donné quelques indications mais vraiment très peu, et en 4 jours il nous avait sorti une sorte de dessin à main levée qui avait déjà vachement de la gueule, et quand on a validé il nous a sorti ça. On a été vachement impressionnés, surtout que ça correspondait exactement à ce qu’on voulait en fait. Sans avoir à l’expliquer. Il a vraiment compris notre musique sans qu’on lui en parle.

Morrigan-wth : En ce qui concerne vos paroles, est-ce que vous essayez de faire passer un message ? Il y a un sujet en particulier qui vous tient à cœur ?

Rémy : Il n’y a que moi qui écris les paroles.

Gaël : Oui, j’suis une teub là-dessus !

Rémy : C’est surtout la musique qui va m’influencer, par rapport au style de la chanson. Après au niveau des paroles en elles-mêmes, ça peut être à peu près tout. Je regarde beaucoup de films et c’est aussi ça qui va m’influencer…

Gaël : Le côté Pop culture est assez présent en fait !

Rémy : Le côté Pop culture, le cinéma de Kubrick, que j’aime beaucoup. Du coup ce que j’aime bien faire, c’est des paroles à double sens. Comme ça la personne qui va écouter la chanson n’aura pas forcément, voire pas du tout la même interprétation que moi j’ai de la chanson.

Morrigan-wth : Au niveau de la scène metal française, on voit beaucoup de groupes qui ont du mal à émerger par rapport à dans d’autres pays, qui sont obligés d’avoir un boulot à côté, comment vous vous situez par rapport à ça et quelle est votre vision de la scène metal française en général ?

Gaël : C’est un sujet qu’on a déjà évoqué plusieurs fois, il y a une sorte de paradoxe. En France il y a beaucoup de groupes qui jouent, qui jouent bien, on parlait d’ADAGIO tout à l’heure, on parlait de T.A.N.K, de notre fierté nationale GOJIRA et j’en passe, il y en a beaucoup... Il y a énormément de groupes qui jouent très bien et qui ont de très, très gros potentiels, mais qui sont médiatiquement étouffés pour la simple et bonne raison que ça n’appartient pas à notre culture. Le heavy metal ne fait pas partie de la culture française. Il y a eu des groupes de rock comme TELEPHONE, comme TRUST, mais ils sont, d’un point de vue quantitatif, en très petit nombre. Et malgré ce petit nombre de groupes qui ont émergé par le passé, comme ça ne fait pas partie de notre culture, le public moyen si on peut dire… c’est un peu péjoratif mais on va dire que la personne moyenne ne connait pas le heavy metal. Ca va très, très rapidement avoir une connotation assez négative, agressive. C’est un peu débile mais malheureusement c’est une forme de désinformation, tout simplement parce qu’on a eu beaucoup de sujets M6 disant qu’un « gothique » avait profané des tombes, bref, on les a tous vus, et quand t’es ado ça t’énerve encore plus. Bref, je pense que cette désinformation fait qu’en France il y a très peu de chances de vivre de la musique, ou du moins de celle-ci. GOJIRA ont réussi à s’exporter aux Etats-Unis parce qu’ils ont le profil américain, tout simplement. Toute leur démarche, leur son, même leurs compositions, tout est pensé typiquement en-dehors de la France. Ils auraient pu réussir n’importe où, ça a marché aux Etats-Unis, et je pense que n’importe quel groupe français doit chercher à s’expatrier. Je n’ai pas cette vision positive de dire qu’on pourra changer les choses ici, malheureusement. Beaucoup l’ont, ce n’est que mon avis, c’est personnel, mais je pense sincèrement qu’on aurait de meilleures chances en jouant en Angleterre ou en Allemagne.

Rémy : C’est pas la même culture musicale, c’est sûr.

Gaël : C’est beaucoup plus enrichi, et surtout ils aiment la musique. Malheureusement pour nous la musique, c’est la musique française. Et la musique française c’est essentiellement des paroles, des textes. On ne prête pas forcément beaucoup d’attention à ce qui se passe derrière. Les gens sont très sensibles à la voix, à ce qui se dit.

Morrigan-wth : On est un pays très littéraire.

Gaël : Exactement, et malheureusement le metal n’est pas connu pour être très littéraire. Donc si les gens ne trouvent pas leur bonheur dans la voix, j’ai envie de dire que finalement ils n’écoutent pas la musique, et que donc ça ne pourra pas marcher. Mais bon, ce n’est que mon avis, je ne sais pas ce que Rémy pense là-dessus...

Rémy : Ah non non, moi je suis tout à fait d’accord, surtout que notre style ne se prête pas trop à la voix française. C’est quand même plus facile de chanter en anglais sur ce genre de musique.

Gaël : Voilà, deuxième point qui est aussi assez intéressant, on nous a aussi posé la question plusieurs fois : « Pourquoi est-ce que vous chantez en anglais ? ». Parce que c’est une musique anglo-saxonne. Tout simplement. C’est plus facile de créer des images avec des phrases très courtes en anglais qui sont assez riches finalement, ils ont peut-être moins de vocabulaire qu’en français mais leurs expressions sont très riches d’images. Donc c’est facile de faire des phrases courtes, qui sont riches de sens, et qui permettent d’avoir des contenus assez abstraits, finalement. Avec des double-sens, comme ce que Rémy créé dans ses paroles. Donc déjà de base, vu qu’en plus on ne représente pas la langue française, je pars du principe que c’est encore un poids en plus pour pouvoir arriver à percer ici. Ne pas chanter en français et en plus jouer un style qui n’est pas dans la culture, dans les mœurs français. Voilà.

Morrigan-wth : Donc vous prévoyez de vous expatrier ?

Gaël : En tout cas, on fait tout pour !

Rémy : On va déjà essayer de jouer ici quand même !

Gaël : Exactement, mais c’est vrai qu’à l’avenir, notre objectif ce serait de s’expatrier, évidemment.

Morrigan-wth : Parlons des concerts justement, vous vous produisez où ?

Rémy : On a des dates qui vont se profiler, là on a fait quelques concerts, on est allés au Fertois Rock in Fest et au Feelgood. Après malheureusement, les prochaines dates ne sont pas encore fixées dans notre agenda mais elles vont arriver dans les mois qui arrivent, on espère.

Gaël : On nous a calé sur différents projets à différents moments, mais ce sont des choses assez vaporeuses, du genre « à cette période-là il y a possibilité d’avoir une date avec machin ou bidule », alors comme ce n’est pas sûr et qu’on a une légère tendance à être des chats noirs, on préfère ne pas en parler avant que ce soit confirmé.

Rémy : Ca devrait arriver assez vite quand même.

Gaël : On espère, normalement, 4 dates d’ici fin 2017.

Morrigan-wth : Vous avez une anecdote de concert à partager ?

Gaël : Oh, il y en a plein !

Rémy : Le plus dur c’est de la choisir !

Gaël : Celle du médiator, moi c’est celle qui me fera toujours sourire ! Tu parles de trucs gênants ?

Morrigan-wth : Ouais, peu importe !

Rémy : Bah raconte celle du médiator !

Gaël : J’en raconte une sur toi, t’en racontes une sur moi !

Rémy : Ouais ça marche !

Gaël : Attitude en fait, la scène c’est quelque chose de très important, on essaye de créer une communion avec le public, parce que c’est pour lui qu’on joue avant tout, et à un de nos concerts, c’était assez rigolo. Rémy était un petit peu paumé le pauvre, il lance son médiator... mais c’était pas par frime ou quoi que ce soit, c’était plus par attitude, c’est ce qu’on a l’habitude de voir, tu lances et puis tu t’en fous t’en prends un autre, puis là t’as un mec qui arrive et qui lui dit « excuse-moi, t’as fait tomber ça ».

Rémy : En fait il me l’a ramené à la fin du concert.

Gaël : Et alors c’est mignon, mais tout de suite tu te prends une tarte dans la gueule, tu te sens vraiment tout petit. Bon ça nous a fait beaucoup rire parce que ça reste drôle et après on a bu des coups avec le gars, c’était marrant, mais pour nous ça reste une anecdote assez rigolote. Rémy, j’imagine que t’en as beaucoup sur moi aussi ?

Rémy : Pas tant que ça en fin de compte, je vois pas de gros trucs…

Gaël : Oh si, une fois j’ai réussi à jouer sans jack, mais je m’entendais tellement pas que j’avais pas vu que j’avais pas de jack.

Rémy : C’était nos jeunes années ça ! Nan, franchement il se débrouille bien sur scène. Quand il ne coince pas sa barbe dans les cordes…

Gaël : Connard. Si, il doit y en avoir, moi c’est plutôt des coups de pas de chance, pas des trucs qui sont vraiment drôles. Par exemple, tu vas monter sur scène, tu vas faire des balances, tout de passe nickel, tout seul, le feu de Dieu, et au moment où tu dois jouer, normalement rien n’est sensé avoir changé, toi tu te branches, tout est déjà allumé et t’as le micro qui servait à sonoriser ton câble qui pète. Donc plus de retour, plus de face, personne pour s’occuper de moi parce que je suis en train de jouer, donc là c’est simple, j’avais envie de tuer tout le monde, je voulais juste génocider un pays pour me détendre. J’étais vraiment… c’est pas drôle en fait, c’est des moments dont tu rigoles avec le temps, mais c’est vrai que sur le moment t’as envie de partir. Autant le coup du médiator ça nous a fait rigoler parce que c’est débile, autant ça c’est le genre de truc... tu calcules tout au poil, on fait tout, absolument tout, pour tout calculer, on dépense des fortunes dans du matos… par exemple, moi j’ai supprimé mon cabinet Marshall pour ne voir que la tête et un simulateur d’ampli juste pour pouvoir avoir le moins de matos possible et qui sonne encore mieux que le matos d’origine, et même là les gens arrivent à se planter. Même là les mecs des fois ils vont te brancher le micro dans la tête, tu sais pas pourquoi, tu dis « Les gars qu’est-ce que vous avez fait là ? » et puis 10 minutes avant de commencer faut que je recâble tout. Donc voilà.

Rémy : Oublier le merchandising à mi-chemin c’était pas mal aussi. Oublier le merchandising et s’en rendre compte à mi-chemin, faire demi-tour, c’était pas mal.

Gaël : Nan, moi c’est le final qui me fait rire, c’est de faire demi-tour, alors qu’il y a une heure de route, pour vendre 1 CD.

Rémy : En fait on était partis à deux voitures et chacun était persuadé que c’était l’autre qui avait le merchandising.

Gaël : Donc on s’est pris la tête, pour que finalement il fasse le trajet en sens inverse, tout ça pour qu’à la fin du concert après avoir sué pendant plus d’une heure trente de set, on vende 1 CD. Je pense que t’aurais pu économiser ton essence, Rémy. Sincèrement.

Morrigan-wth : Vous avez des projets de vidéos ?

Rémy : Nous on aimerait bien, on aimerait faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire, c’est-à-dire avec une vraie équipe. Aujourd’hui si tu tournes un clip sans une équipe de cinéma, si tu te filmes juste en train de jouer…

Gaël : T’as déjà vu des clips de GOJIRA ? Silvera, il te parle ? Stranded, tout ça ? Même si ça paraît minimaliste à l’écran, il y a une véritable équipe de cinéma derrière, c’est ce qui fait que le rendu est extraordinaire. Il y a quelqu’un pour s’occuper du montage, quelqu’un pour s’occuper des lumières, il y a un énorme travail. Nous on a eu l’habitude de faire du home-made, c’est-à-dire de tout faire nous-mêmes, et on se dit qu’il y a des gens dont c’est le métier… c’est un budget, donc s’il y a un clip de sorti, ce qui va forcément arriver, ce sera un clip dans lequel on aura mis un certain budget, justement pour avoir un rendu qui ne fasse pas home-made. Et c’est surtout le temps qui manque aussi, malheureusement. Qui passe très, très vite et qu’on a du mal à saisir.

Morrigan-wth : Vous avez des boulots à côté ?

Gaël : Ouais, moi oui. Mark aussi, Rémy a décidé de se consacrer à la musique mais ça ne marche pas. On commence à vouloir faire ça aussi avec Mark, là on sort de 2 semaines de résidence. On n'a fait que ça pendant 2 semaines tous les jours, que de la musique, de l’écriture, se pencher sur des projets visuels justement, comme l’ouverture de notre chaine Youtube. Et ça prend énormément de temps donc c’est des concessions. Soit t’as du temps mais pas d’argent, soit t’as de l’argent mais pas de temps. Il faut trouver le juste milieu.

Morrigan-wth : Dernière question, est-ce que vous avez un message pour les gens qui vous écoutent ?

Rémy : Qui nous écoutent, ou qui ne nous écoutent pas encore ?

Morrigan-wth : Les deux !

Gaël : Je te laisse faire tu es meilleur que moi !

Rémy : Merci de nous écouter, c’est du old school avec du gros son…

Gaël : … et en plus on paye des bières à la fin ! Quand je suis complètement arraché je paye des verres à tout le monde.

Rémy : A la fin des concerts, ouais.

Gaël : Et en plus de bon cœur !

 

Merci à Roger de Replica Promotion de nous avoir permis de réaliser cette interview, ainsi qu'au Hard Rock Café pour son accueil !

BULLRUN

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