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ADX : Du Metal français sans étiquette - Interview du 26 mai 2016

Adx 1

On ne peut pas être fan de Metal français sans connaître ADX. En activité depuis 1981, cette figure emblématique de la scène Metal française nous transporte, comme à chaque album, dans de nouvelles histoires avec des compositions qui sont de véritable romans audio. What the Hell a reçu Betov, guitariste de la formation depuis sa création, pour parler du nouvel album Non Serviam qui paraîtra le 10 juin prochain.

WTH : Salut Betov, comment ça va?

Betov : Mais très très bien! Je suis personnellement très content d'être là, on rencontre pleins de gens sympa et en plus des demoiselles avec le sourire ça fait toujours plaisir (rires). Et puis surtout pour parler de notre nouvel album c'est le plaisir total! C'est un cadeau qu'on a de pouvoir parler de notre passion alors on en profite.

WTH : Donc votre nouvel album sort le 10 juin prochain, comment s'est passé l'enregistrement?

Betov : Bah très très bien. On est très content parce qu'on a fait un travail en amont de pré-production qui a duré un an. On est arrivé en studio assez serein parce que les morceaux étaient déjà bien en place, bien composés et il n'y avait vraiment plus qu'à les enregistrer et surtout travaillé le son, les sonorités c'est ça le plus important. Et par contre on a passé presque plus de temps sur le son que sur l'enregistrement proprement dit parce que les morceaux on les connaissait. Et le fait de travailler avec Francis Caste, parce que c'était la première fois pour nous, c'est quand même un producteur assez connu qui fait pas mal de Modern Metal comme on dit maintenant. Donc nous on l'a choisi un petit peu pour trouver une certaine dynamique dans les morceaux. On voulait vraiment mettre la patate, quelque chose qui pète et en finalité on a réussi, enfin je pense, on a atteint notre but et j'espère que le public aimera vraiment ce qu'on a fait.

WTH : Y'a-t-il des musiciens qui ont participé à l'écriture des morceaux, les paroles, etc?

Betov : Oui on est très organisé dans ADX maintenant, c'est-à-dire que les paroles sont toujours écrites depuis très longtemps par le batteur et le chanteur, donc Dog et Phil. Eux ils sont passionnés d'histoire, de fantastiques, de tout ça et en fin de compte à chaque fois ils arrivent à nous trouver des anecdotes historiques ou des histoires un peu biscornues, un peu bizarre. Et moi je découvre à chaque fois quand je lis les textes, des fois je ne comprends même rien du tout! (rires) Parce qu'ils vont chercher des trucs des fois dont je n'ai jamais entendu parler et dans le dernier album notamment, la chanson La Complainte du Demeter. Moi je ne suis pas un spécialiste de Dracula et donc j'ai appris que c'était le bateau de Dracula, qu'il a pris pour partir à Londres, dans le roman. On avait pensé à l'appeler La Croisière S'amuse pour le bateau mais ça n'avait pas marché du tout (rires). Par contre, pour la musique, on se partage le travail tous ensemble. Sur un an on a eu le temps de maquetter chez nous, d'enregistrer des idées, de les comparer dans des salles de répétitions car on aime vraiment avoir le ressenti en live. C'est bien sur les machines et tout ça mais ce n'est pas du live. On joue les riffs, les morceaux jusqu'à temps que ça nous plaisent et puis voilà on arrive en finalité à enregistrer un morceau fini et puis partir en studio avec. Mais c'est vraiment un travail en commun.

WTH : Avez-vous de petites anecdotes à nous faire partager?

Betov : Bah c'était assez rigolo parce que le studio Sainte-Marthe où on a enregistré se trouve en plein Belleville à Paris, alors attention interdit aux moins de 18 ans (rires), dans ce quartier que j'ai connu il y a plus de 20 ans alors j'étais un peu surpris, il y avait des dames qui proposaient de les accompagner pour "jouer aux cartes", on va dire ça comment ça. Et c'était très drôle puisqu'elles s'adressaient uniquement Phil quand on était en groupe dans la rue, c'était très drôle parce qu'à chaque fois elles allaient le voir lui en lui faisant un petit signe genre "chérie tu viens?!" (rires). Et nous on était mort de rire autour et on n’a jamais compris pourquoi, il n’avait pourtant pas un-t-shirt en forme de dollar pour attirer les femmes. Donc voilà c'était assez rigolo, c'est une anecdote comme ça. Et puis sinon il y a toujours des machins qui sont drôles avec le recul, mais au niveau de l'enregistrement on a eu des problèmes de disques durs on a perdu des données, c'était un petit peu énervant. Mais bon c'était rien de grave, on a rattrapé le coup. Et puis on s'était trompé de format aussi à un moment, on s'est un peu pris la tête mais maintenant c'est drôle parce qu'on en rigole, mais sur le coup on n'était pas fier. C'est un peu compliqué l'informatique musicale car avant on avait une bande enregistrée, c'était beaucoup plus simple. Enfin moins simple dans un sens parce que l'informatique musicale ça va plus vite mais au moins avec les bandes on n'avait pas de pertes. Or mis ça, ça s'est passé simplement parce qu'en plus on s'est organisé d'une manière, on a était une ou deux fois ensemble au studio, on a vraiment travaillé d'abord basse/batterie en premier, moi je suis arrivé après et j'ai été tout seul assez longtemps pour toutes les guitares rythmiques. Et ça c'est une sorte de concentration qu'on aime bien avoir parce que s'il y a trop de monde dans un studio, tu n'es pas autant dans le truc, tu discutes, et puis nous on aime bien rigoler dans la vie donc ça finit souvent en autre chose. Alors que là, on était concentré donc en fin de compte on n'avait pas tellement le temps pour rigoler et avoir des anecdotes rigolotes. On espère qu'à la release party, qui aura lieu le 9 juin soit un jour avant la sortie, que ce sera beaucoup plus drôle.

WTH : Peux-tu nous parler de la pochette de l'album?

Betov : Oui, tout à fait, et bien comme par rapport au titre dont je parlais tout à l'heure Non Serviam, on s'est dit que l'idée de base c'était quand même un prêtre, donc on s'est dit qu'il fallait y avoir une ambiance d'église parce que ça paraît être le lieu adéquat. Et en finalité, on a travaillé avec Stan Decker comme sur l'album précédent qui lui était très chatoyant au niveau des couleurs, c'était assez flashy avec toutes ces braises incandescentes. Et là c'était une ambiance complètement différente, on s'est dit qu'il va falloir faire quelque chose d'un peu plus sombre parce qu'une église c'est un lieu de recueillement, sans juger quoi que ce soit attention je parle vraiment du lieu qui est justement calme, serein, peut-être même impressionnant. Quand on va dans une cathédrale par exemple, quand tu vois cette construction immense, tu as l'impression d'être tout petit à l'intérieur donc on voulait retrouver un petit peu ça. Et par rapport à l'ambiance de la pochette qui est, c'est vrai, sombre, peut-être un peu glauque, c'est un peu voulu. C'est-à-dire que je pense que le rendu de notre idée, Stan l'a vraiment exploité et puis on est très content du résultat. En plus elle a un côté un peu dessin, un petit peu avec des tâches dessus, un peu comme si un dessinateur aurait vite peint quelque chose et qui se serait sauvé. Un côté un peu d'urgence qu'on a bien aimé. Et puis bien-sûr on a nos deux petits démons, Stan ayant voulu les remettre, il nous a remis ces deux démons qui figurent aussi sur l'album Ultimatum. Ça donne un côté un peu coquin, rigolo.

WTH : Sur quoi vous êtes-vous fondés ou inspirés pour ce nouvel album?

Betov : Et bien déjà, l'idée de base de Non Serviam c'est cette histoire de curé, et après les déclinaisons ça a été assez rapide puisque, au niveau des textes, les deux auteurs du groupe se sont replongé dans leurs notes et puis ont cherché des thèmes qui auraient été sympathique comme par exemple B17 Phantom. J'ai appris que c'était un avion mystérieux dans l'équipage a disparu durant la guerre 39-45 et l'avion continu a rôder et certaines personnes l'entendaient encore​. C'est un peu la limite de Spielberg tout ça, c'est un peu fantastique. Mais ça c'est des textes qu'on aime bien mettre en place, par exemple Les Oubliés qui parle malheureusement d'un fait beaucoup plus récent, où des soldats en Afghanistan qui ont été "oubliés" par l'armée française et ils se sont fait massacrer par des ennemis lors d'une attaque et ça avait d'ailleurs fait polémique par rapport à l'armée et surtout aux familles qui se demandaient si on avait pas pu les sauver un peu avant. Et comme je le dis à chaque fois, on se rappelle toujours d'un accident, d'un meurtre, quelque chose de sanglant, plutôt que la naissance d'un enfant, de quelque chose de joli. C'est quelque chose qui nous marque plus, ça reste encré dans la chair. Bah La Complainte du Demeter, c'est l'histoire de Dracula dont on parlait. Une autre histoire qui est inspiré un peu par un ami parce que c'est la première fois chez ADX qu'on demande à quelqu'un d'extérieur du groupe à écrire un texte. Et on a un copain, Franck Meyer, qui écrit pour beaucoup de monde dans le metal et dans le rock français, qui est un très gros fan d'ADX bien-sûr et un ami de longue date, on lui a dit voilà, aurais-tu une idée qui pourrait coller avec ce qu'on fait d'habitude. Et il nous a proposé un texte qui s'appelle La Mort en Face qui est le premier morceau de l'album, et en fin de compte c'était complètement dans nos idées à nous. C'est l'histoire, sûrement romancée, d'un militaire qui, pendant la guerre 14-18, doit partir au combat mais il sait qu'il a une maladie incurable. Donc il a deux combat à mener en parallèle, la mort est réellement en face de lui, le combat envers l'ennemi et le combat contre la maladie qui est en lui. Et quand on lit le texte au deuxième degré, il y a de ce combat qui est dans le texte. Souvent les textes d'ADX, ça demande une deuxième lecture, en essayant de comprendre les sous-entendus et un petit peu un jeu qu'on propose aux auditeurs. C'est l'avantage du texte en français, on peut jouer avec les mots quand on maîtrise la langue et puis la langue française est très riche, on peut jouer sur les petits détails.

WTH : Pourrait-on dire que Non serviam serait la suite de « la terreur » sorti en 1986 ?

Betov : On n'y a pas pensé, mais des fans et des gens comme toi nous on fait la remarque, et également fait le comparatif avec Suprématie. C'est une période, je pense, de composition qui se répète en fait. Quand on a fait l'album Ultimatum, on s'est inspiré un peu du tout premier album Exécution, dans l'ambiance qu'il y avait. On essaye de faire un retour aux sources. Et sur Non Serviam qui suit juste derrière, inconsciemment peut-être car on ne s'en est pas rendu compte tout de suite, on retrouve des influences et certaines "marques de fabrique" qui avait dans ces deux albums et dans notamment La Terreur. Et après, en réécoutant les morceaux, je me suis dit mince c'est vrai que cette mélodie-là me rappelle un morceau de tel album. Faut pas dire qu'on s'auto-plagie, ce n'est pas ça mais c'est un peu le hasard des compositions. Et puis là c'est notre style donc on ne peut pas s'en vouloir, on n'a pas copié les autres, on s'est copié nous-même (rires).

WTH : Dès la première intro, on peut sentir une ambiance oppressante, presque religieuse comme lors d’une messe, pourquoi ce choix comme début d’album ?

Betov : Il faut savoir que l’intro, donc L’Aube Noire, a été entièrement composée à la guitare au départ, avec une grosse batterie, avec une grosse basse, etc. On faisait l’intro musicale d’un groupe qui joue sur scène par exemple. Et à force de l’écouter, on s’est dit qu’on pourrait peut-être essayer d’apporter une petite touche un peu plus pompeuse alors on a rajouté des petits violons, du clavier joué d’ailleurs par Julien le bassiste. Et lui il a eu l’idée de d’enlever justement tous les instruments traditionnels et de ne garder qu’en fin de compte qu’un orchestre. Et quand on a écouté ça, on s’est dit que c’est tout à fait ça qu’on veut. Ce qui fait que les notes sont les mêmes, c’est réorchestré un peu, mais bon on pourrait faire écouter aux amis, aux fans ou aux journalistes la première version qui est complètement différente aux niveaux des sonorités mais qui complètement fidèle au niveau de la mélodie. Donc on a réussi a travaillé pendant plusieurs mois avec des idées comme ça, et avec le recul on avait exactement les mêmes idées à l’époque. C’est-à-dire qu’en studio on composait avec les guitares parce que c’était notre instrument de prédilection, puis arrivé en studio on commençait un peu à bidouiller les claviers, etc, et puis voilà on a ce genre d’intro et on adore ça. Juste une petite chose que je regrette, c’est la grande époque des années 80, que ce soit nous, Iron Maiden, Helloween ou d’autres, où on faisait des instrumentaux. C’est-à-dire qu’il y avait forcément un morceau instrumental où on était bien dedans, l’équivalent d’un refrain, l’équivalent d’un couplet qui revenait, sans chant. Et moi je regrette qu’on ne fasse plus ça. Donc la seule petite « récréation » qu’on peut se permettre, c’est cette intro et on a bien aimé travailler sur ça avec Francis Caste parce qu’on a mixé ça d’une manière d’avoir un gros son de basse pour les concerts genre « attention c’est ADX qui arrive ! » Moi j’adore ça quand t’as l’intro qui te met dans l’ambiance du live et tout d’un coup ça part. C’est génial, ça donne des frissons, et si on peut donner ça aux gens, moi je suis partant, je signe tout de suite ! (Rires)

WTH : Dans certaines chansons de l’album on peut entendre des riffs qui sonnent très power, notamment sur B17 Phantom et Non Serviam, est-ce un choix recherché et travaillé?

Betov : Comme je le disais tout à l’heure, on ne cherche pas un style particulier parce que tout simplement on trouve une idée de riffs, on la joue et quand on sent quelque chose ça, quand tu as les poils qui se dressent, que ce soit Power, Thrash ou autre chose, si ça le fait comme on dit, si on sent quelque chose qui nous plaisent à tous, parce que c’est démocratique, on prend l’idée et on la garde. Je sais que pour B17 Phantom, c’est un riff que moi j’avais trouvé chez moi sur une sept cordes, donc déjà c’est quelque chose qu’on utilise un peu moins sur cet album-là, mais bon avec un son très grave de guitare, et en plus assez crunch donc très dynamique qui accroche, et ça on l’a exploité à fond sur ce morceau. Et puis ça marche bien car c’est vrai qu’il est très « powerfull ». Donc en finalité, je pense que c’est du ADX qu’on écoute. On pioche à droite à gauche pour avoir des influences. Certains ont déjà comparé un morceau à du Iron Maiden, notamment l’Irlandaise qui sonne effectivement comme Maiden et on ne va pas dire non parce que c’est forcément une influence qu’on a eu. Il y a très longtemps j’étais totalement fan des premiers albums de Maiden que j’ai eu la chance de connaître à leurs sorties donc je me suis pris des claques dans la tronche en disant « c’est ça que je veux jouer !». Avec toutes ces guitares mélodiques, et puis ce chant… Et c’est normal que ça ressorte, j’en suis très fier.

WTH : Et bien merci Betov !

Betov : Et bien je te remercie pour ton intervention, je remercie What the Hell bien-sûr pour l’intérêt qu’il porte à ADX, et je donne rendez-vous à tous les lecteurs à nos prochains concerts, s’ils peuvent venir nous voir, s’ils ont apprécié l’album. On leur fera plaisir et on se fera plaisir en même temps. On va partager une grande fête ensemble et ça c’est primordial car le live c’est vraiment la cerise sur le gâteau. Et puis merci à ceux qui se sont déplacés à l’Ultim’ Fest ce weekend.

Merci à Roger Wessier de chez Replica Promotion de nous avoir permi de réaliser cette interview, et remerciement à Betov de ADX pour son accueil et sa bonne humeur!

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